L’amour à mort, Zoé DUFAU et Vénus FALL (5è2) mai 2014

Roman de Chevalerie

Chapitre 1 : Enfance

 

<< David ! David ! 

Philippe descendit les escaliers à toute vitesse et manqua de trébucher. Il déboucha dans la pièce principale de la petite maison paysanne. 

– David ! Père et mère sont revenus du marché ! Regarde ce qu’ils rapportent ! s’exclama-t-il.

– Ah, enfin ! s’écria David.

Mathilde et Auguste se présentèrent dans l’encadrement de la porte.

– Vous en avez mis du temps ! continua David.

– Excuse-nous, mais nous avons rapporté plein de bonnes choses ! dit Mathilde.

Mathilde et Auguste déposèrent leurs paniers sur la petite table de bois et en sortir plein de bons légumes ainsi qu’un gros morceau de viande.

– Oh, j’ai hate de souper ! marmonna Philippe.

Tandis que les parents commençaient à préparer le dîner, Philippe monta dans sa chambre. Il s’assit sur sa paillasse et observa son visage dans son petit miroir. Il avait de petits yeux bruns sobres, un nez très légèrement aquilin, sa bouche n’était pas proportionnelle à son visage car ses lèvres étaient trop épaisses. Son teint était plutôt pâle, et ses cheveux châtains et lisses. Il n’avait rien de pareil que son frère, il était laid de nature et n’y pouvait rien. mais il s’était fait la promesse de devenir un jour un magnifique jeune homme, par n’importe quel moyen. Son frère, David, était plutôt grand pour son âge, ses yeux bleus brillaient tels des diamants et  accentuaient son nez fin en trompette. Sa bouche s’accordait parfaitement avec son visage, ses lèvres éclataient comme l’aurore faisait  ressortir son teint frais. Ses cheveux blonds ondulés et longs terminaient ce visage parfaitement magnifique. Tout le monde l’adorait, il avait l’air d’un jeune garçon aimable, incroyablement intelligent et quelques fois exigeant. Mais la plupart des gens se trompaient. Au fond de lui, c’était un vil félon. Il aimait faire souffrir les gens, particulièrement son frère, et se faisait adorer par tout le monde pour qu’un jour il prenne le pouvoir aux côtés de Gilbert III, le seigneur de cette province. Il aimait la richesse et le pouvoir, il se lamentait d’avoir des parents aussi pauvres et impuissants. Négligeant son frère, ses parents étaient toujours aux petits soins de David. Philippe, lui, avait un coeur en or. Malgré sa laideur, il était généreux et amical, toujours prêt à rendre service aux personnes en ayant besoin. Il aimait grandement la poésie et le chant. Les deux frères avaient appris à lire et  à écrire, malgré la pauvreté de leurs parents. Depuis, Philippe écrivait beaucoup de poèmes. Philipe reposa son miroir sur sa petite table de chevet et s’endormit.

 

 

<<  A table, Philippe ! cria Mathilde.

Philippe se réveilla en sursaut et courut vers la table de bois. Ce qu’il vit le déplut beaucoup. David avait une assiette de bons légumes sortants à peine du four, avec un bon morceau de viande fumante, alors que Philippe lui, n’avait qu’un vulgaire morceau de pain servit avec une soupe répugnante et froide.

– Mais… Pourquoi David a quelque chose de délicieux et moi je n’ai qu’une pauvre soupe et un vulgaire morceau de pain ? demanda Philippe d’une vois attristée.

– Si tu ne veux rien de tout cela, montes dans ta chambre et qu’on de t’entende plus ! gronda Auguste. 

Philippe ne prit pas la peine de répondre et retourna de là où il venait. En montant les escaliers, il avait distingué le sourire narquois de son frère dessiné sur son visage. Les larmes lui montèrent aux yeux et il ne put les retenir. Pourquoi ses parents ne l’aimaient-ils pas ? Qu’avait-il de moins que David ? Ces questions envahissaient sa tête.

Chapitre 2 : Débuts dans la chevalerie

 

Plusieurs années s’étaient écoulées, les deux frères avaient bien grandi. Philippe releva la tête, fier, et rentra dans l’enceinte du château. Il n’avait jamais vu autant de monde depuis sa tendre enfance. Nombre de belles dames et de beaux seigneurs remplissaient la cour. Le jeune homme était un peu intimidé. Un garde l’emmena dans une grande salle, où des servantes le vêtirent d’une cotte fine rouge venant de Jérusalem, de braies en lin, d’une somptueuse cape de velours qui provenait de Constantinople. Elles accrochèrent un ceinture de cuir à la taille du jeune homme, et elles finirent par lui chausser de magnifiques bottes en véritable cuir elles aussi. Elles lui arrangèrent ensuite les cheveux, puis Philippe se dirigea vers la cour. Déjà plusieurs hommes avaient étés adoubés chevaliers ce jour là, et c’était au tour de Philippe. Le monde qui remplissait la cour commença à s’impatienter. Gilbert III apparut aux côtés de David, qui avait réussi à se faire adorer par la cour et par le seigneur. Il était devenu son conseiller, et son sénéchal favori. Philippe avait supplié son frère de l’emmener à la cour pour se faire adouber chevalier, et David avait finalement cédé. Le seigneur Gilbert III s’avança et dit :

<< A partir d’aujourd’hui, tu défendras les pauvres, tueras les truands et brigands, tu ne commettras plus aucun pêché et tu obéiras aux ordres de ton seigneur. La honte sera ton ennemie jurée. 

Il colla sa bouche contre l’oreille de Philippe et lui souffla :

– Que Dieu te garde, frère de David de Cantebelle. >>

Il lui donna un violent coup de paume puis l’embrassa. Philippe était enfin devenu chevalier. On lui donna une épée tranchante ainsi qu’un jeune et fougueux destrier, de robe grise parsemée de taches foncées.

<< Quel beau cheval ! s’exclama Philippe. Je vais le nommer Comète ! 

Il enfourcha son destrier sans toucher l’étrier et brandit son épée en l’air.

– A moi, monstres et redoutables chevaliers ! cria-t-il. Je ferai régner la paix et la… >>

Il ne termina pas sa phrase car il avait aperçu la plus belle femme qui soit au monde. Elle se tenait en compagnie de David, c’était sûrement la fille de Gilbert III : Charlène.

Chapitre 3: Sentiments

 

Charlène était une jeune femme de taille moyenne, ayant de longs cheveux bruns et des yeux bleus très clairs. Philippe tomba immédiatement sous le charme de ses belles boucles brunes qui encadraient son visage particulièrement bien dessiné. L’Amour au regard vif et aux beaux yeux bleus pétillants l’avait ensorcelé. Elle s’avança près de son père d’une démarche très élégante d’une allure digne d’une princesse. Le pauvre coeur de Philippe ne battait désormais que pour l’amour qu’il lui portait. Tout ce qu’il éprouvait pour elle, il l’écrivit sous forme de poèmes. Chaque soir, avant de s’endormir, il en écrivait un. Puis un jour, il décida de les lui envoyer, mais il ne mit pas de signature, c’était donc des poèmes anonymes.

Chapitre 4 : Mariage tournant à la catastrophe

 

Charlène reçut les poèmes par un trouvère sur son âne qui était envoyé par Philippe en même temps qu’il allait de village en village pour raconter ses histoires. Après avoir lu les poèmes, Charlène était émue. De plus elle trouvait qu’ils étaient magnifiquement bien écrits à la plume et à l’encre de Chine. Ne sachant pas qui se cachait sous le nom d’Anonyme, elle pensa que c’était David de Cantebelle, le frère de Philippe. Sans plus tarder, elle lui fit ne demande en mariage. David, sachant que Charlène était la fille du roi Gilbert III, profita de la situation pour accepter sa demande pour ainsi abuser de ses richesses et des privilèges qu’apportait la vie de prince. Une fois les fiançailles annoncées, ils organisèrent donc le mariage. Ils organisèrent un tournoi. Quand tous les invités furent arrivés, la fête put commencer. Jusqu’ici, tout se passait bien, les chevaliers défilaient dans l’arène, jusqu’à ce que les deux frères se retrouvent l’un face à l’autre, prêts à combattre. Ils vérifièrent une dernière fois leur monture et leur équipement puis ils se lancèrent. Pour David, Philippe n’ait qu’un adversaire parmi tant d’autres malgré le fait qu’ils soient frères, contrairement à Philippe, qui lui lui voue une haine mortelle. Non seulement parce que David lui a marché sur les pieds pendant tout leur enfance et leur période adulte, bien que Philippe n’aurait pas pu être adoubé chevalier sans son frère, mais aussi, et surtout parce que son frère va se marier avec la femme qu’il aime. Et ça, il ne pouvait pas le supporter. C’en était trop pour lui, et il avait décidé d’y mettre un terme. Le combat commença et les deux frères n’y allaient pas de main molle. Ils se portaient des coups spectaculaires mais sans pour autant que ce soit des coupes mortels. Puis vint un moment où Philippe commença à combattre avec en portant des coups plus forts à son adversaire, puis encore plus forts, toujours plus forts. Vint le combat à l’épée. Le jouteur était assaillit de coups mais continua à combattre. David ne comprenait pas les agissements de son frères mais continua le combat car il ne voulait pas passer pour le plus faible, surtout à son propre mariage. Tous les chevaliers avaient pour règle de ne pas se faire remarque, de se faire petit par rapport à David, car celui-ci voulait paraître le plus fort ce jour là et pouvait de la sorte se mettre en valeur. Philippe était le seul à ne pas respecter cette règle. Le combat continua , et quelque chose d’inévitable arriva. Philippe porta un coup fatal à son frère qui tomba raide mort sur le sol. Philippe lui avait tranché la gorge. Evidemment, le but d’un tournoi n’était pas de tuer, c’était même interdit.

 

Chapitre 5 : Renseignement

 

Après l’horrible acte commis par Philippe, il fut renié par la cour et par ses parents. De plus, il avait vu quelque chose qui le désolait terriblement, c’était l’effroi dans les beaux yeux clairs de Charlène qui était tout simplement détruite, pleine de chagrin et en deuil. 

Puis un jour, une amie d’enfance de Philippe alla lui rendre visite alors qu’il errait telle un bête sauvage dans la forêt, tout de même avec son armure et son destrier. Cette amie se nommait Capucine. Elle était venue rendre visite à Philippe car elle savait qu’il aimerait devenir beau, elle voulait lui donner des informations pour que cela puisse se réaliser. Elle lui dévoila l’existence d’un philtre de beauté. Elle lui dit d’aller voir un elfe se nommant Eldaria qui vivait vers l’Ouest.

 

Chapitre 6 : Eldaria

 

Philippe acquiesça et donna un baiser sur la joue fraîche de Capucine. Il partit chercher Comète, l’harnacha avec ardeur puis prit nourriture et eau. Il installa tout ça sur la selle de son cheval, et partit chercher quelque chose de très important à ses yeux : un flacon d’encre de Chine ainsi que trois rouleaux de parchemin.

<< J’écrirais des poèmes en route…>> pensa-t-il.

Il jeta un dernier regard au château derrière lui, et pensa qu’avoir tué son frère était un poids en moins. Il entama donc son long chemin vers le soleil couchant.

Après plusieurs heures de route, Philippe s’arrêta près d’un arbre pour y dormir. Il enleva l’harnachement de Comète, puis se désarma. Il laissa son fidèle destrier brouter l’herbe fraîche tandis qu’il avala une carotte. Après avoir dîné, il sortit un de ses parchemins, son encre de Chine et sa plume puis se mit à écrire :

Charlène, si belle que vous soyez,

Vous avez conquis mon coeur

Dès que je vous ai aperçue.

Mais mon vaurien de frère

Vous a demandé votre main

En profitant du fait que

Je vous ai envoyé des poèmes anonymes.

Il laissa là son poème en se disant qu’il le continuerait le lendemain. Il s’endormit en pensant à la mort de son frère, à la tristesse dans les beaux yeux clairs de Charlène et son visage prit de terreur en voyant son prétendant assassiné devant ses yeux, puis du fait d’être rejeté par la cour. Tous ces évènements le frappèrent au coeur.

Les rayons du soleil qui illuminaient le visage toujours aussi laid de Philippe le réveillèrent.Il se leva, décida de ne rien avaler puis se remit en route. Après de heures de chevauchée, le chevalier arriva près d’une gigantesque cascade. Il prit soin de ne pas toucher l’eau terriblement froide et indomptable , car le seigneur Gilbert III lui avait affirmé que Comète avait une peur bleue de l’eau. Il longea donc le torrent, jusqu’à arriver à un pont de bois délabré. Il descendit de chevalet posa son pied sur la première planche de bois qui s’offrait à lui. Celle-ci avait l’air solide. Il avança jusqu’au milieu du pont étroit, pour apercevoir la suite du pont qui n’était qu’une simple corde. Ne voulant pas abandonner son cheval, il fit demi-tour et repartit dans le sens inverse. Malheureusement, aucun autre pont traversait ce torrent.

<< – Je t’en supplie, Comète, accorde moi une faveur. dit-il. Prends sur toi et traverse la rivière.

Comme si le cheval avait compris Philippe, il fit un vif signe de tête et pénétra, paraissant calme, mais très tendu, dans l’eau pour enfin arriver sur l’autre rive.

– Merci ! >> lui dit Philippe.

Le chevalier avait maintenant la preuve que son cheval lui obéissait au doigt et à l’oeil. Ils continuèrent leur route vers l’Ouest pour arriver à un arbre gigantesque. Les racines sortaient de la terre et la cime de l’arbre paraissait être au-delà des nuages. Le chevalier descendit de sa monture pour faire le tour de l’arbre, et y découvrit une drôle de créature avec de fines oreilles pointues.

<< Qui es-tu, créature ? demanda Philippe d’une voix douce. 

– Je me nomme Eldaria, et je suis un elfe des bois, monseigneur. >> répondit la créature.

 

Chapitre 7 : Premier combat

 

Eldaria lui confia qu’un troll avait capturé sa douce et tendre amie licorne. Philippe alla donc délivrer la licorne pour l’elfe, en échange que celui-ci lui apporte des informations sur le chemin qui menait au philtre de beauté. Il traversa un pont, suivit un petit chemin qui le mena ensuite à un cachot. La licorne enfermée dans ce cachot ait difficile à délivrer, mais Philippe ne se découragea pas pour autant. Il utilisa la hache qu’il avait trouvée par terre, non loin de lui, pour casser le verrou qui lui empêchait d’ouvrir la porte. Cependant, il y avait un autre problème. C’était le troll qui gardait la licorne. Il habitait dans une petite tour à côté et ayant entendu le bruit que faisait la hache qui tapai contre le verrou, il se dirigea sans attendre vers le cachot pour voir si il y avait un problème avec la licorne. C’est à ce moment là qu’il vit Philippe. Alors le troll sauta instantanément sur le chevalier et lui fracassa son haubert. Mais Philippe, qui n’était pas du genre à se laisser abattre, riposta avec un coup si fort que le troll en tomba raide mort. Son corps gisait dans une énorme flaque de sang. Philippe lui avait tranché la gorge avec la hache.

 

Chapitre 8 : Comète et la cascade.

 

Vainqueur, Philippe prit la licorne à sa main droite et Comète à sa main gauche. Il se sentait fier d’avoir gagné son premier combat contre une créature de deux fois sa taille et assoiffée de sang. Il décida de prendre le torrent comme chemin de retour, mais il était tellement perdu dans ses pensées qu’il en oublia la peur de l’eau de Comète. S’approchant de plus en plus du torrent, les pupilles du cheval commencèrent à se dilater et il avançait de lus en plus péniblement. Philippe ne s’en rendit même pas compte et continua d’avancer, joyeux. Mais sa joyeuse humeur fut vite brisée quand Comète posa un pied dans l’eau : il se cabra, obligeant Philippe à lâcher la longe qui le retenait et le courant était tellement puissant que Comète tomba à la renverse et se fit emporter vers la fin de ce torrent où se trouvait l’énorme cascade.

<< – Comète ! >> s’écria  Philippe en voyant son cheval emporté fougueusement par les torrents

Le destrier se débattant s’éloignait très rapidement du chevalier et de la licorne. Philippe savait qu’il était trop tard et qu’il ne pouvait plus rien faire pour lui, il sortit donc le plus vite possible de l’eau qui lui glaçait les veines, puis s’écroula par terre. La licorne vint s’allonger à ses cotés, et Philippe s’agrippa à sa crinière et se hissa sur elle. La licorne se releva et s’élança au galop à travers l’épaisse forêt. Au bout de plusieurs longues minutes de grand galop, elle arriva enfin au grand arbre où Philippe avait rencontré Eldaria. Celui-ci apparut, et, voyant sa licorne, se jeta au cou de Philippe qui était descendu du cheval cornu. 

<< – Merci de tout coeur, dit Eldaria à Philippe qui avait triste mine.

– Ce n’est rien, répondit Philippe.

– Pourquoi êtes-vos si maussade, monseigneur ? Êtes- vous blessé ? demanda l’elfe.

– Blessé au coeur, oui. Comète est tombé d’une cascade, tout est de ma faute, j’ai oublié de lui demander de faire attention… J’étais trop absorbé par mes vulgaires pensées… dit le chevalier.

– Monseigneur, ce que vous avec fait pour moi est une dette que je ne pourrais jamais vous rembourser, je vais faire tout mon possible pour sauver votre destrier, et je vous indiquerais la route de quelque chose de précieux, un philtre de beauté. répondit Eldaria.

– Tu dis vrai ? demanda Philippe.

– Oui. Maintenant ne bougez plus. >> répondit l’elfe.

Et Eldaria laissa Philippe seul. Le chevalier attendit plusieurs heures avant de revoir Eldaria revenir avec Comète à la main. 

<< – Dieu merci ! s’écria Philippe. Comment l’as-tu sauvé ?

– Je suis une créature magique, ça a été facile ! Philippe de Cantebelle, je vous rend votre cheval. Je vous donne aussi cette sacoche en cuir pour y mettre le philtre dès que vous l’aurez trouvé. A présent, partez vers le Nord, vous tomberez devant une étendue de sable, surtout faites le tour de cette vallée, puis vous pénètrerez dans une forêt humide et épaisse. Dans cette forêt se trouve une clairière bien cachée où se présentera le philtre. Maintenant, partez. >>

Philippe acquiesça et ne se fit pas prier, il se mit en routa dans la minute qui suivit.

 

Chapitre 9 : Un raccourci dangereux

 

Cela faisait maintenant des heures que Philippe chevauchait. Il avait accroché la sacoche qu’Eldaria lui avait gentiment donnée à sa ceinture. Soudainement, Philippe aperçut la vallée de sable. Il fut surpris par on envergure : cette vallée était immense ! Jamais il n’en avait vu d’aussi grande et vaste ! Comme l’elfe le lui avait dit, derrière cette vallée se tenait une forêt noire comme la suie, terriblement épaisse et étouffante. Il se demanda comment il pourrait faire pour traverser cette forêt. Mais là n’était pas la question. Pourquoi ne fallait-il pas traverser cette étendue ? C’était pourtant un raccourci, alors que contourner cette vallée prendrait trois fois plus de temps ! Le chevalier décida d’ignorer les conseils de l’elfe et d’aller tut droit, en passant par le sable. Il dirigea Comète vers la vallée. Le cheval posa une jambe sur le sable, puis une autre et finit par poser ses quatre sabots. Malheureusement, ce n’était pas du sable ordinaire. Comète commença à s’enfoncer profondément. Ne comprenant pas ce qui se passait, Philippe regarda son cheval pris au piège et ne pouvant plus avancer. A ce moment là, il comprit que son destrier finirait sa vie ici, dans les sables mouvants. En un instant, le chevalier se mit debout sur la selle et sauta sur le sol dur, puis se retourna et regarda son cheval s’enfoncer. Une larme roula sur sa joue. Quelle naïveté ! S’il avait écouté les recommandations de l’elfe, Comète arrêt pu survivre ! Mais en ce moment, il était en train de mourir dans la plus horrible des façons qu’il pourrait être, s’enfonçant rapidement dans les sables de l’Enfer. Les larmes perlèrent sur le visage de Philippe. Il devrait maintenant continuer son chemin seul, sombrant dans le désespoir.

 

Chapitre 10 : Le philtre

 

Anéanti par la mort de Comète, Philippe décida tout de même de continuer sa route. Il entra dans la forêt très sombre, couverte de nuages et… Il aperçut un rayon de soleil passer à travers les nuages. Alors il le suivit. Ce rayon de soleil le mena jusqu’à une clairière abandonnée. Au bout de ce rayon, il vit une souche, et dessus se trouvait une feuille avec quelque chose en-dessous. Etant curieux, Philippe souleva la feuille pour y découvrir le philtre qu’Eldaria lui avait décrit. Alors il le prit et le bu. Après un moment, il se sentit étrangement bizarre, pas comme à son habitude. Il prit son écu et se regarda à l’intérieur. Il eut une agréable surprise, Il était devenu magnifiquement beau, avec de magnifiques cheveux bruns, de beaux yeux verts émeraude, avec le teint clair. Il avait aussi ne bouche magnifiquement bien dessinée, des dents aussi blanches que neige et son regard était devenu pétillant. Nulle beauté n’était égale à la sienne, elle surpassait tout ce qu’il pouvait espérer. Peu de temps après, il aperçut une étoile filante passer et fit le voeu de pouvoir retourner au château le plus vite possible. Puis la nuit tomba, le chevalier écrivit la suite de son poème et décida de passer la nuit dans la clairière.

 

Chapitre 11 : Une surprise inattendue

 

Le lendemain matin, il se réveilla dans la forêt proche du château comme il en avait fait le voeu. Il restait cependant une étape à suivre pour pouvoir y accéder, c’était de descendre dans la vallée puis remonter ensuite sur la colline du château. Sachant qu’il y avait du chemin à faire, Philippe ne s’attarda pas et se mit immédiatement en route. Au final, il mit deux jours pour parvenir dans la vallée sans cheval pour le porter. Ce fut difficile, mais il savait qu’il lui restait la moitié du chemin à faire. L’heure du coucher de soleil arriva, alors se Philippe se coucha aussi. Au beau milieu de la nuit, Philippe entendit des bruits et sursauta. Les bruits provenaient d’un buisson de derrière. Le chevalier, confiant, se dit que c’était son imagination qui lui jouait des tours et se rendormit lorsqu’il entendit à nouveau un bruit. Il décida  d’aller voir ce que c’était. Un lycanthrope en pleine chasse apparut et sauta sur Philippe.

 

Chapitre 12 : Combat à mort

 

Philippe esquiva l’horrible bête de justesse. En un rien de temps la créature se retourna et fonça vers Philippe.

Le chevalier retira avec hardiesse l’épée de son fourreau et la brandit en l’air, puis donna un si violent coup d’épée sur le crâne du lycanthrope que l’hideuse créature tomba évanouie. Philippe s’avança pour l’achever, prit son épée à deux mains et la positionna devant l’oeil du loup-garou, mais celui-ci se réveilla et se libéra de son emprise. Philippe rata donc son coup et planta violemment son arme dans le sol. Si profondément qu’il ne put plus la retirer. Le chevalier était maintenant sans défense contre une créature faisant deux fois sa taille, féroce et affamée. Le lycanthrope était tellement rapide que Philippe n’arrivait plus à suivre ses mouvements. Soudainement, plus aucun bruit ne se fit entendre. Les buissons qui frétillaient à cause du vent ne bougeaient plus. Les oiseaux nocturnes s’étaient tus. Les nuages couvraient la lune ronde et éclatante. Il faisait maintenant noir, le silence régnait toujours. Philippe, affolé, tournait sur lui même dans tous les sens pour espérer percevoir une ombre, un signe de vie, mais rien ne se produisit. Philippe se retourna une dernière fois pour voir le lycanthrope bondir sur lui et enfoncer ses puissantes griffes tranchantes dans les poumons du beau chevalier.

Chapitre 13 : Découverte choquante

 

Un trouvère passant de villages en villages était en rote vers le château de Gilbert III. Il transportait dans sa charrette plusieurs lettres destinées à différentes personnes. Au moment où il fut en aval, une odeur nauséabonde lui parvint aux narines. Une odeur de… mort. Comme si on avait laissé pourrir le cadavre d’une personne dans la forêt du royaume. Curieux, le troubadour décida de suivre cette odeur pro observer ce que c’était. Pénétrant à l’endroit où Philippe avait dormi, le trouvère y découvrit une chose qui le frappa au coeur. Un tas d’os traînait au milieu de la clairière, entouré de boyaux fraîchement sortis de leur abri, le sang avait giclé tout autour de la carcasse et des lambeaux d’habits gisaient non loin d’un arbre. Mais le troubadour fut surpris de découvrir un visage merveilleusement beau encore intact. Laissant la carcasse en place, le poète fouetta son cheval pour arriver le plus vite possible dans l’enceinte du château pour annoncer ce qu’il avait vu au seigneur. Arrivé dans la basse-cour, il n savait où aller. Une belle dame s’approcha de lui. 

<< – Bonjour monseigneur. Que faites-vous ici ? demanda la belle dame, qui n’était autre que Charlène.

– Bonjour ma dame, je viens voir le seigneur de cette province. répondit de troubadour.

– Je suis sa fille. >> dit Charlène.

Elle emmena le troubadour un peu plus loin. Il lui expliqua ce qu’il avait vu plus bas, dans l’épaisse forêt. Charlène fut choquée d’apprendre une telle nouvelle, elle demanda au trouvère de ne rien dire à personne et de l’emmener près du cadavre. C’est ce qu’il fit.

Après quelques heures de chevauchée, ils arrivèrent enfin au lieu tant attendu.

<< – Belle dame, je me sens dans l’obligation de vous laisser seule ici, mon devoir m’attend. >> dit le trouvère.

Charlène regarda le troubadour s’en aller puis s’approcha du reste du corps. Elle aperçut tout de même le beau visage qui gisait à quelques mètres du cadavre. Les vêtements en lambeaux étaient étalés vers le visage, et quelque chose attira l’attention de la belle dame : une magnifique sacoche en cuir, qui était celle qu’Eldaria avait offerte à Philippe. Charlène la prit et l’ouvrit pour y découvrir tous les poèmes que Philippe avait écrit. Le nom de Charlène était écrit sur toutes les feuilles de parchemin, ainsi que le nom de Philippe de Cantebelle, le jeune frère de son ancien prétendant.

 

Chapitre 14 : Enterrement

 

Après avoir lu les poèmes avec attention, Charlène fut terriblement triste et se mit à pleurer. Au même moment, Capucine, l’ayant entendue pleurer, se dirigea vers elle et l’interpela :

<< Qu’y a-t-il, madame ? 

– Un preux chevalier vient de mourir par ma faute, il est en piteux état.

– Comment se nomme-t-il ?

– Philippe. Philippe de Cantebelle.

– Seigneur ! Ici est couché mon ami. Je le connais depuis ma tendre enfance !

– Toutes mes condoléances…

– A vous aussi… >>

Pendant ce temps, Eldaria se préparait à venir à l’enterrement. Etant un elfe, il possédait des pouvoirs et grâce à eux, il a pu savoir que son ami était mort. Il arriva quelques minutes après et aperçut les deux jeunes femmes pleurer à chaudes larmes au dessus du visage de leur ami. Charlène tenait les poèmes à la main, contre son coeur. Eldaria et Capucine aidèrent Charlène à enterrer le reste du corps. De cette histoire reste au moins une chose positive, Charlène a appris une leçon : ne jamais tourner le dos à quelqu’un sans entendre ses explications, la cause de ces actes. Elle ne recommencera pas de sitôt. 

 

 

Posted on: juin 17th, 2014 by Fanny Fleury-Bluteau