La mystérieuse chapelle, Victor ANDREVON-CANUT, Samuel GABISON, Valéria GRANIDOS

Nouvelle fantastique

Ma jeunesse se déroula à côté d’un petit village dans la Creuse. Je faisais partie d’une famille pauvre dans laquelle la tradition était d’être bûcheron de père en fils.

Je faisais une fois par semaine le voyage jusqu’au village le plus proche afin de vendre le bois récolté et d’acheter des provisions avec l’argent ainsi obtenu.

Puis, je faisais le chemin inverse, j’étais extenué.

Je devais nourrir ma vielle mère qui n’avait maintenant plus la force d’aller chercher à manger.

Une soirée d’hiver, alors que je rentrais d’une dure journée de travail, j’aperçus derrière un grand chêne qui m’était familier, une petite chapelle qui m’avait l’air abandonnée.

Je ne l’avais encore jamais vue et je décidai donc de m’y aventurer.

Aux premiers abords, la chapelle me parut désertée. En voyant l’autel, j’eus envie d’adresser une prière pour obtenir quelques richesses afin d’avoir une vie plus décente.

Quand mon recueillement fut fini, je décidai alors de rentrer chez moi.

Mais quand je me retournai, je vis une belle et jeune femme, vêtue d’une magnifique robe blanche et arborant de beaux cheveux blonds.

Ses yeux me semblaient d’un rouge ardent et j’attribuais ceci au reflet de la lumière dans ces derniers. Mais quelque chose en elle me provoquait un certain malaise que je ne saurais expliquer.

« Vous vous occupez de cet endroit madame ?

_En effet, répondit elle, et j’ai cru comprendre que vous avez un problème. Puis-je vous aider ?

_Ha, si seulement… J’ai tellement besoin d’aide et d’argent pour pouvoir nourrir à sa faim ma pauvre mère.

_Et bien bonne chance jeune homme… »

Cette réponse me parut des plus étranges…

Après cette étrange rencontre, je m’enfuis le plus vite possible car sa personne me procurait un sentiment étonnant…

Une fois rentré dans ma pauvre masure, je me mis à préparer le dîner de ma mère. Une fois celui-ci prêt je l’apportais dans sa chambre. Je posais le plateau sur sa table de nuit et je commençais à la réveiller doucement mais elle ne réagit pas. Je me mis alors à la secouer mais toujours aucune réponse.

Affolé, je pris son pouls et ne sentant aucun battement de cœur, je me mis à pleurer et à pousser des gémissements ; non de tristesse mais de rage contre moi-même qui n’avait pas pu la sauver.

Après un long moment d’hébétude je décidai de porter sa dépouille dans le caveau familial creusé en face de notre chaumière.

Mais en soulevant ce corps rendu frêle par la maladie et la vieillesse, je vis tomber de sa poche une petite bourse dont le contenu se déversa sur le sol.

Je vis là toute une fortune en diamants. Je ne savais pas d’où ils venaient mais peut m’importait : ils allaient changer ma vie.

Je me souviendrais de ce 23 Novembre toute ma vie.

L’année suivante, à la même date, des choses étranges s’étaient produites dans ma maison qui était alors un petit château que j’avais pu acheter grâce à l’argent obtenu par la revente des diamants.

Durant la nuit, des meubles furent renversés et moi, je n’arrivais pas à m’endormir, je sentais comme une présence, une présence humaine.

J’avais déjà ressenti cette sensation auparavant, je ne savais plus quand. Si ! Je me souvenais à ce moment!  Dans la chapelle, c’était ce sentiment que je sentais.

Alors, je pris conscience de quelque chose, cette jeune femme, qui se trouvait dans la petite chapelle ; c’était elle qui me hantait !

Je ne fermai pas l’œil de la nuit dans la crainte d’être attaqué par la femme et le lendemain tout fut absolument normal.

Cela fait à présent dix ans que ma mère est morte et moi, je vis toujours dans le luxe de la richesse.

Mais chaque année, à la même date, ce maudit 23 Novembre, des meubles sont détruits, des chaises renversées et des carreaux cassés.

Par qui ? Je ne le sais pas, sûrement un vandale jaloux de mes richesses.

Mais cette année, tout est différent, je suis cloué au lit par la douleur. Où est-ce que j’ai mal ? D’où vient ma souffrance ? Je n’en ai pour tout vous dire aucune idée.

J’ai mal partout. Ou bien je n’ai mal nulle part, je ne le sais pas. Cette douleur n’est pas naturelle, elle n’est pas physique. Non, elle vient de l’intérieur, elle est incurable.

Et puis il y a toujours cette présence, cette femme. Non ce n’est pas une femme, c’est impossible, elle n’est pas humaine ! Ha ! Maintenant je sais ! Cette femme est le diable ! Cette couleur rouge dans ses yeux, comment ai-je pu être assez sot pour croire à un reflet ! Et elle vient pour me tuer, comme la vie est injuste ! Moi qui ne demandais qu’un peu d’argent pour me nourrir, j’en reçois assez pour mener toute une vie dans le plus grand des luxes ! Mais non ! C’était trop beau pour être la réalité ! Ce n’était qu’un piège du démon!

Et cette douleur, cette douleur qui me ronge ! Je ne peux plus l’arrêter, c’est trop tard, je vais souffrir pour le restant de mes jours ! A moins que… A moins que je meure aujourd’hui ! Haha ! Quel génie je suis ! Allez viens, femme maudite, viens m’achever ! Mais non, elle ne vient pas, veut-elle donc me faire souffrir infiniment ?

Je ne vais pas me prêter à son jeu ! Puisqu’elle ne me tue pas je vais le faire moi-même ! Hahaha ! Quelle ironie !

Posted on: juin 16th, 2014 by Fanny Fleury-Bluteau