Jusqu’au bout du monde, Amaël Aubry et Sasha Bussi–Callens (4è5) janvier 2014

Cette nouvelle réaliste est inspirée du tableau de Gustave Courbet, La Rencontre.

 

Jusqu’au bout du monde

Par un matin glacial de novembre, un jeune homme nommé Hans reçut

une lettre lui annonçant une bien terrible nouvelle. En effet, sa mère était

souffrante, et avait besoin, étant seule, de quelqu’un à ses côtés. De ce fait, il se

devait de quitter la ville de Jönköping, en Suède, pour la rejoindre à

Strasbourg, en France.

Il fit sa valise, emportant le strict nécessaire, sans vraiment prendre le

temps de se préparer psychologiquement à quitter sa patrie. Il partit donc,

laissant derrière lui les souvenirs d’une vie qui lui semblait déjà très lointaine.

Cela faisait désormais environ quatre mois que le géant suédois avait

quitté son pays. La veille, il était arrivé dans une petite auberge de Saint-

Pétersbourg. Il ne pouvait se permettre de s’attarder dans cette ville

magnifique, il devait rejoindre sa mère le plus vite possible. Il reprit ses affaires

et se remit en route.

Environ six mois après son départ, Hans séjournait à Varsovie, après

avoir fait quelques escales à Pskov, à Riga, ou encore à Vilnius. Epuisé par ce

long voyage qui n’était pas encore terminé, il se reposa chez son ami qui

habitait la ville. Tourmenté par la pensée de sa mère souffrante, il fit de brefs

au revoir à son ami et quitta la capitale polonaise.

A la fin du mois de juillet, notre héros se perdit dans les vastes et désertes

campagnes de Francfort. Après avoir erré désespérément pendant quelques

heures qui lui parurent atrocement longues, la chance sembla enfin lui sourire ;

deux hommes lui firent face. L’un d’entre eux avait l’allure d’un bourgeois

tandis que l’autre avait plutôt l’air d’être son serviteur. Hans, lui, ressemblait à

un montagnard face à eux, avec son bâton de marche et sa longue barbe mal

peignée de voyageur. Néanmoins, il en profita pour demander son chemin. Le

bourgeois se révéla être un homme bon, car il lui indiqua le chemin le plus

court qui menait à Strasbourg. Après les avoir remerciés et salués, il partit.

Il arriva au chevet de sa mère au mois d’août. Malheureusement pour lui,

il était trop tard, elle était morte. Découvrant le corps inerte de sa mère, il

sentit la tristesse l’envahir et deux grosses larmes perlèrent sur ses joues

noircies par le voyage qu’il avait mené jusqu’au bout du monde …

Posted on: avril 3rd, 2014 by Fanny Fleury-Bluteau