La rencontre, Loula Rambaud (4è5), janvier 2014

Cette nouvelle réaliste a été inspirée par le tableau de Gustave Courbet initulé La Rencontre.

La rencontre

Par un après midi de printemps, lorsque les cloches d’un village voisin sonnaient deux heures, et que les paysans s’affairaient dans leurs champs, un homme d’une trentaine d’années s’assit lourdement sur la terre sèche. Il sortit de son sac à dos un vieux fromage dont il s’empressa d’engloutir la moitié et il se remit en route. Il tenait à la main un bâton de marcheur et il portait un chapeau.

Son visage était dur et fatigué. Une goutte de sueur le traversa pour aller se perdre dans sa longue barbe.

L’homme marchait d’un pas rapide et assuré. Il se rendait en ville pour trouver du travail.

Orphelin très jeune, il n’avait jamais reçu d’éducation et avait dû se débrouiller seul pour vivre. Autrefois, il gagnait sa vie en tant que fermier dans une grange abandonnée qu’il avait eu la chance de trouver. Il s’occupait des animaux qu’il recueillait et soignait. Il adorait ses bêtes. Malheureusement,  une épidémie nocive pour les animaux s’était abattue dans la région et il n’avait pu sauver aucun de ses chers compagnons…

L’homme, ruiné et désespéré, avait décidé de partir de son tout petit village natal pour aller dans la grande ville, celle-ci étant à 80km de chez lui. Cet homme s’appelait Thibault.

Après quatre heures de marche, la nuit commençait à assombrir sa route. Ne voyant point de chaumière aux alentours, il décida de se coucher sur sa veste pour débuter ses habituelles nuits blanches et froides.

Les rayons du soleil obligèrent Thibault à se lever. Il resta quelques minutes debout, sans bouger, à regarder la nature se réveiller autour de lui. Il aimait observer les fleurs, les oiseaux, les insectes. Tout autour de lui s’étendaient de vastes et vertes plaines. Les premières fleurs apparaissaient sur le bord de la route sur laquelle au loin, roulait une voiture qui laissait derrière elle un nuage de poussière. Thibault la regardait s’éloigner. Il avait parcouru plus de la moitié du chemin à présent. Ne voulant pas perdre plus de temps, il mangea le reste de son fromage et s’en alla d’un pas décidé vers la ville. Il marchait depuis un bon quart d’heure quand il aperçut au bout de la route deux hommes et un chien qui paraissait boiter. Ayant de l’avance sur les deux hommes, l’animal  eut vite fait de le rejoindre en trottinant. Thibault se permit d’observer la patte droite du chien. Il avait une petite épine coincée qui avait l’air de le faire souffrir. Thibault la lui retira et l’enveloppa d’un petit tissu. Il prit aussi un calmant qu’il trouva dans le fond de son sac qu’il donna à l’animal. Pendant qu’il s’occupait de la bête, ses maitres s’étaient rapprochés et observaient d’un œil approbateur et fasciné les gestes de Thibault.

L’un d’eux prit la parole :

« Vous avez l’air de vous y connaitre pour soigner les bêtes hum ?

Pardon,  j’ai vu que votre chien se comportait étrangement. Et pour répondre à votre question m’sieur, j’ai un peu d’expérience avec les animaux,  j’ai été fermier.

Je vois ! Nous avons, mon ami et moi-même, une proposition a vous faire : voudriez vous être notre vétérinaire attitré ? Notre chien est jeune et se fait souvent mal, nous y tenons beaucoup…

Les vétérinaires les plus  proches habitent à l’extérieur de la ville. Bien sur vous serez bien payé et même logé si vous le désirez…

Eh bien je cherchais justement du travail, j’en ai trouvé ! »

Thibault s’occupa longtemps du chien et logea chez ses maitres. De temps à autres, de riches personnes lui rendaient visite pour qu’il s’occupe de leurs divers animaux de compagnie. Thibault adorait ce métier. Il vécut jusqu’à 55 ans à soigner ces animaux et en ayant une vie simple mais heureuse.

 

Posted on: avril 1st, 2014 by Fanny Fleury-Bluteau